Nintendo DS

Anno 1701

Test DS

Anno 1701

Par Algo - Le 16 juin 2007
La DS et son écran tactile semblent être la terre d'accueil idéale pour les RTS cultes, auparavant exclusifs sur PC. Après Age of Empires et en attendant The Settlers, Anno 1701 réalise une performance remarquable, et détrône haut la main ses prédécesseurs.



Pour ceux qui n'auraient jamais tâté un jeu de stratégie en temps réel de leur vie (que ce soit sur PC, ou justement, plus récemment, sur DS), Anno 1701 permet de rencontrer tous les codes qui font le succès du genre, et autant vous dire que :) et encore :)

Le plus facile pour commencer ce jeu, c'est de s'attaquer à la campagne, en mode facile, histoire de pouvoir bien se familiariser avec les commandes sans trop de pression. En gros, la campagne vous permet d'incarner un vaillant capitaine du début du XVIIIè siècle partant à la conquête du nouveau monde. Entre les trahisons au sein de votre camp, et les luttes contre le royaume rival, les indiens, et les pirates, il y a de quoi faire!

Donc bref, premier contact.

La base de tout jeu de stratégie: amasser des richesses, du flouze, du pèze et tout et tout. Dans Anno 1701, il n'y a que deux moyens possibles pour arriver à vos fins: les impôts, et le marché! Et pour engranger des impôts, il vous faut des gens à imposer. Et plus ils sont heureux, plus vous pouvez les faire raquer. Et c'est là que le jeu devient intéressant...


217 sous de pertes, va falloir monter les impôts!


Dans un premier temps, les besoins de votre population sont fort basiques: de la bouffe. Puis, rapidement, ils voudront une taverne. Une école. Des bains. Un théatre. Du sucre. Du thé. Des chocolats. Et caetera et caetera... Et de temps en temps, quand vous parvenez à les satisfaire suffisamment, ils passeront carrément au niveau de civilisation supérieur. Il y en a 5 en tout, des simples colons aux aristocrates. Logiquement, plus ça va, plus ils sont exigeants, les bougres. Comme je vous l'indiquais ci-dessus, au départ, leur fournir de la bouffe est aisé: une cabane de pécheur, et hop. Mais quand ils commencent à vous demander des bijoux, ça se complique: il vous faut déjà trouver une île dont les montagnes recellent de pierres précieuses, y installer un entrepôt, puis construire la mine, puis construire une bijouterie... Tout en continuant à gérer les autres ressources, à aggrandir vos exploitations au fur et à mesure que votre population augmente... Ce défi de chaque instant est prodigieusement palpitant, et le plaisir de voir sa population évoluer sous ses yeux grâce aux petits soins qu'on lui prodigue est immense. J'vous jure! Si vous venez à manquer d'une ressource à laquelle les habitants étaient habitués, ils commenceront à se barrer, les sous ne rentreront plus dans les caisses... Angoisse, stress! Pis quand vous réussissez à les ramener, bonheur, joie! Youpi, même!
Mais très vite, votre petite île va vous sembler bien exigüe... En fait, c'est ce système d'îles qui donne tout son charme et sa particularité au jeu (par rapport à la série des Caesar par exemple).

D'île en île

Au tout tout début de la partie, vous n'avez qu'un navire d'exploration rempli de diverses ressources de bases qui permettront à votre colonie de subsister le temps que vous crééiez vous-mêmes les installations nécessaires au bon fonctionnement du tout.
Vous devez trouver une île assez grande pour y installer une ville, mais vérifiez également la fertilité de l'île en question... Car si vos plantations ne donnent rien, vous risquez de vous retrouver assez vite dans le caca. De toute manière, c'est prévu, aucune île n'est parfaite. Il vous faudra rapidement reprendre la mer pour satisfaire les besoins de vos citoyens. Tout d'abord, parce que vous vous rendrez vite compte que certains bâtiments doivent nécessairement être proches de vos habitations pour être efficaces (tout ce qui est bâtiments publics, appellation assez étrange d'ailleurs vu ce qu'elle regroupe: écoles, théatres, mais aussi églises, et tavernes...); alors que d'autres peuvent très bien être placés sur une autre île, puisque n'importe quelle provision se trouvant dans un entrepôt se retrouve aussitôt dans tous les autres. En gros: mieux vaut mettre vos plantations diverses sur d'autres îles pour vous concentrer sur l'agencement des bâtiments de proximité sur votre île principale.


Les îles arides sont plutôt propices aux plantations de cacao.


Mais au moment de prendre la mer, enfer et damnation! Votre premier navire a servi à construire votre entrepôt de base! Alors faut en refaire un (c'est bien pensé hein). Pour commencer, il vous faut donc un chantier naval, du bois, et du tissu. Très vite, vous vous retrouverez maître d'un petit archipel, et les îles de votre voisin pourraient bien commencer à vous intéresser... Mouahahah....

Guerre tactile

Tout se joue au stylet, en fait (sauf l'écran qui s'affiche en appuyant sur Start; ou alors, idée sympa, vous pouvez attribuer des raccourcis aux autres boutons pour accéder aux menus que vous utilisez le plus, et ce en un clin d'oeil). J'en reviens donc au déplacement de vos navires, que ce soit de guerre ou d'exploration, le principe est toujours à peu près le même: vous allez vers une île, vous pouvez soit construire un entrepôt avec le navire d'exploration si l'île est neutre, soit une tête de pont avec le vaisseau de guerre, si elle appartient à un adversaire. L'idée est pas mal, ça va vous force à faire bien attention à l'endroit ou vous choisissez de débarquer. Par contre, vu que vous ne pouvez faire que cinq navires tout compris, il faut parfois pas mal de temps pour ramener des renforts sur l'île convoitée... Ca ralentit grave le rythme du jeu.
Donc bref! Pour faire bouger un bateau, il faut d'abord cliquer sur l'icône « bouger », puis pointer la destination sur la carte. Mais le fait de ne pas pouvoir, comme sur PC, déplacer la carte rien qu'en pointant la souris sur les bords de l'écran est assez gênant, et occasione pas mal d'approximations. On peut aussi être surpris de voir à quel point la gestion des troupes est minimaliste: vous formez un seul type de soldat, que vous ne pouvez améliorer que deux fois, et vous les dispatchez dans vos bâtiments militaires. Quand vous attaquez l'adversaire, les troupes qui se trouvaient dans votre navire se retrouvent dans la tête de pont, et vous ne pouvez que les déplacer... d'un bâtiment militaire ennemi à un autre. Tous les combats se font dans les bâtiments, on voit de le fumée et des pétarades, accompagnées d'une petite animation toute moche sur l'écran supérieur. Pas de place au hasard ou à la stratégie, les plus nombreux l'emportent. En fait, la seule once de stratégie que vous pouvez rencontrer réside dans l'ordre dans lequel vous allez attaquer les bâtiments ennemis. Evidemment, il est plus intéressant d'essayer de s'emparer de ses casernes en priorité pour pouvoir à votre tour former des troupes directement sur place.


I am rédy tou die for my Kouine!


Et pour déplacer vos troupes, vous devez d'abord sélectionner le bâtiment dans lequel elles se trouvent, puis choisir le nombre de soldats que vous allez déplacer, puis le bâtiment que vous allez attaquer... Ca prend du temps, et c'est franchement pas folichon. Je ne vous en voudrai pas si vous ne mettez pas d'adversaires en mode Jeu en Continu (construction libre). Heureusement que pour ce qui est du vrai coeur du jeu, la création de la colonie parfaite, le stylet fait des merveilles.

Finissons par le début

Le stylet, ce cher piti stylet, bah comme on pouvait s'en douter, il remplace fort bien une souris pour ce qui est de la précision. En fait, pour les constructions, les terrains sont quadrillés (mais on les voit jamais ces quadrillages, hein). Chaque bâtiment est parfaitement rectangulaire ou carré, et donc le problème, c'est de réussir à placer ces bâtiments sur des îles aux formes complètement aléatoires, et souvent exigües. En sachant également que la plupart des bâtiments, dont les maisons, doivent être reliées à un réseau routier, ça fait de jolis casse-têtes.
Fin bon, si je parle pas trop de tout ça, c'est parce que c'est impeccable. La 3D est nickel (bien que lors de la création de routes au milieu de gros bâtiments on puisse déplorer un certain manque de lisibilité); la durée de vie irréprochable avec un bon gros mode solo et surtout le mode libre (bien qu'avec une seule sauvegarde possible, il soit assez frustrant); les musiques sympas (bien que le fait qu'elles changent en fonction des lieux et des événements -donc souvent-, soit assez déroutant), les bruitages corrects (pas de « bien que » cette fois :) )...
8
Le meilleur RTS de la DS, et pour longtemps... Malgré une poignée de petits défauts. Pour les connaisseurs, c'est l'occasion de retrouver tous les ingrédients qui font les grands jeux du genre, et pour les débutants, bah pareil, avec la surprise en plus. Un très grand RTS, mais surtout un très grand jeu.

Pas d'images pour ce test.

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